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LES CONTES DU RAGONDIN

Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /2006 23:15

( texte de serge Brouers)

Je suis un r ayon de soleil bien remuant

Qui dès l’aube, distribue le matin.

Je pars, je reviens et ne chôme jamais.

Je reste plus ou moins longtemps suivant les saisons :

Je me lève, je me couche, mais ne dors jamais.

J’ai vu des gens saluer mon lever et admirer mon coucher.

Si tu me vois absent, c’est que je brille pour d’autre.

J’ai vu la terre se fendre et cracher du feu avec rage.

J’ai vu le vent violent comploter avec la pluie malfaisante

Pour ravager et anéantir des régions entières.

J’ai vu des forets disparaître pour faire place au désert.

J’ai vu des hommes pleins de haine faire la guerre..

Je suis devenu bien pâle en voyant cet enfant mourir de faim…

Eclairer la haine, la guerre, la famine n’est plus possible.

Aveuglé par cette cruauté, je me prépare à mourir de chagrin

Mais, avant de m’éteindre j’entendis mon père briser le silence :

« Ne meurs pas mon rayon sensible et courageux ; écoute-moi.

Je distribue chaleur et lumière sans discontinuer.

Je m’arrange avec les nuages pour qu’ils éclatent en pluie.

Je m’efforce d’être juste et équitable pour le bien de tous.

Parfois je n’ai pas assez d’autorité, et c’est la catastrophe.

Le vent se fâche te la pluie se déchaîne, les énergies se disputent.

La position de la terre dans le système m’empêche d’être impartial.

Elle tourne comme une toupie inclinée et chemine sur une ellipse.

Mais je tourne sur place pendant que la terre se rapproche ou s’éloigne.

J’éclaire ce que la terre veut bien me montrer.

Inévitablement il y aura des régions fertiles, arides, chaudes ou froides,

Mais de par mon action, je peux rassasier chaque habitant.

Il suffit à l’homme de ne pas être égoïste et de partager.

Voilà, mon fidèle et sensible rayon, ce que j’avais à te dire.

Je te donne lumière et liberté. Va ton chemin trouver le bonheur.»

Et c’est ainsi que enrichi de la sagesse de mon père,

Je l’en suis allé, libre, au hasard des chemins.

J’ai grimpé sur le sommet des montagnes pour en descendre par l’autre flan.

J’ai traversé les océans pour me balancer dans de grandes vagues.

J’ai rampé dans la plaine et sautillé de branche en branche dans les arbres des forêts.

Je me suis efforcé d’éviter les endroits malsains et les mauvaises rencontres.

Puis un jour je me suis calmé, sentant l’appel de mon destin.

Je me suis alors amusé à fouiller le cœur des fleurs

Pour y puiser les parfums les plus exquis et m’en imprégner.

Et ce matin je me sui vautré dans l’herbe

Pour y détacher des gouttes de rosées.

Frais, pur, lumineux, parfumé, je me suis présenté à ta fenêtre

San bruit, sans murmure…Dans le silence, j’ai traversé la vitre

Alors que toi, belle endormie, tu rêve, perdue dans les images magiques.

Je me suis faufilé doucement dans ta chambre dorée

Pour me promener tendrement sur les ondulations de ta chevelure.

Par le jeu de lumière, je me suis émerveillé de ces fils d’or entremêles,

Sur ton front pur et doux je me suis apaisé un moment.

J'ai fait frémir tes paupières feramnt des écrins de perles précieuses.

Et montant sur tes joues plus douces que le duvet, j'ai pensé au printemps

Sur tes lèvres rosâtresj'ai pensé au plus beau coucher de soleil.

Tes yeus se sont ouvert, montrant deux billes azur, chacune nageant dans un lac immaculé...

J'ai demandé au temps d'arrêter son cours précipité pour qu'il garde

Le souvenir de ce moment où je me suis logé dans ton coeur amoureux.

Assoupi dans le fauteuil, j'ai senti la douceur de ta main de fée.

J'ai reçu un tendre baiser et, en souriant, tu m'a murmuré à l'oreille:

"Bonjour, mon rayon de soleil". Et depuis ce jour , je vis dans le bonheur

 

Par Chantal Riguelle - Publié dans : LES CONTES DU RAGONDIN
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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /2006 12:57
 
Il y a longtemp s, très longtemps, tous les hommes étaient des dieux. Mais les hommes étant ce qu'ils sont, à cette époque déjà, ils abusèrent à un point tel de leur divinité que le maître des dieux, Brahma, décida de leur ôter le pouvoir divien et de le cacher en un endroit où ils ne pourraient jamais le retrouver. Il s'agissait donc de trouver cette bonne cachette.
Convoquéqés par Brahma, les dieux mineurs qui formaient sa cour furent invités à résoudre cette énigme.
"Enterrons, proposèrent-ils, la divinité de l'homme au centre de la terre".
Mais Brahma leur répondit :"Non cela ne peut pas suffire. Un jour viendra où l'homme creusera, et alors, il la trouvera".
Alors, les dieux courtisans proposèrent une autre solution : "Faisons-la couler au plus profond des océans".
Mais de nouveau, Brahma leur rétorqua : "Non, car viendra bien aussi le jour où l'homme se mettra à explorer les profondeurs abyssales, et un jour il est certain qu'il la trouvera et la remontera à la surface".
Les dieux durent admettre ne pas savoir où la cacher. "En effet, dirent-ils, il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour".
Brahma dit alors : "Voici ce que nous allons faire : nous cacherons la divinité de l'homme au seul endroit qu'il ne pensera jamais à aller visiter : au plus profond de lui-même".
Depuis ce temps là, l'homme a effectivement fait le tour de la terre, il y a tout exploré : il a gravi les montagnes les plus hautes, creusé les puits les plus profonds, plongé jusqu'au coeur des océans, il est même allé sur la Lune et sur Mars... vainement il a cherché quelque chose qui se trouve EN LUI."

 

 

 


D'après Raymond Abrezol, La course au bonheur, in Femina, n°46 du 14.11.1993

 

Par Chantal Riguelle - Publié dans : LES CONTES DU RAGONDIN
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