Récit d'un rêve plus qu'un conte, mais douce eutopie qui peut réjouir le coeur
Texte de
Serge Brouers
Le soleil, lassé par le comportement des humains, piqua une grosse colère et décida de ne plus éclairer la terre. La planète bleue fut plongée dans le noir. La lune privée de reflet disparut aux regards. Le lointain scintillement des étoiles servait de raccord avec l’univers. Les océans se transformèrent en d’immenses patinoires. Le vent glacial détachait les feuilles des arbres et la végétation agonisait. Le monde animal en rupture de cycle commença à se décimer. L’homme pour survivre, puisa dans ses réserves, mais les plus pauvres étaient les plus vulnérable.
La reine du soleil, très émue, s’adressa à son marri :
-Maître, dit-elle, vous avez eu raison de punir les méchants, mais les hommes ne sont pas tous mauvais.
Chacun y alla de ses arguments, et après une longue palabre, le couple décida d’envoyer sur la terre son fils unique avec pour mission de « sauver l’humanité » et d’extirper le mal qui la ronge.
Le roi soleil ouvrit un œil pour laisser couler une larme qui comme un faisceau, éclaira une haute montagne. Le prince soleil se laissa glisser sur le ruban de lumière et prit place sur le sommet montagneux. Nourri dans un premier temps de l’énergie du père, le prince ne tarda pas à devenir autonome pour émettre sa propre lumière
De ses longs doigts, émanaient des millions de rayons qui, comme une source, arrosaient la terre. Le prince s’arrangea pour déposer devant chaque porte un rayon de soleil qui s’enroulerait aussi vite pour se briser en un endroit déterminé et former une boule de lumière.
Cette boule possédait un pouvoir magique, celui de donner à son propriétaire l’énergie et le confort nécessaire, et la possibilité de vivre selon ses besoins.
C’est ainsi que le pauvre reçu une boule dodue tandis que le riche devait se contenter d’une boule de moindre volume.
La pelote de lumière ne brillait qu’en présence de son propriétaire. Inutile donc de la vendre ou de la voler. Si le besoin s’avérait raisonnable, il suffisait de détacher un petit morceau de rayon. Le pauvre usa de cette faculté, mais le riche ne bénéficia pas de ce privilège. Avec le temps chaque habitant de la terre posséda une boule de même dimension, et le fossé entre les pauvres et les riches s’estompa. L’égalité entre les hommes n’était plus qu’une utopie.
A partir de ce moment, à chaque utilisation, la boule du bien-être reprenait son volume de départ à condition que l’utilisation soit réfléchie. Quand l’égalité fut établie, le prince du soleil demanda une nouvelle faveur. Le père sourcilla, mais s’inclina.
De chaque boule s’échappèrent deux brins qui allèrent se loger dans le cœur de l’homme. Le premier brûla la haine, tandis que le second y logea l’amour pour l’éternité.
Le prince, bien content d’avoir accompli sa mission, quitta la terre pour y retrouver sa famille. Le soleil s’arrangea pour offrir à l’homme un printemps éternel et signa un pacte avec le vent et la pluie pour que le surplus d’énergie se déverse dans les endroits occultes. On raya du dictionnaire les mots famine, haine, et guerre, tandis que le mot AMOUR prit une majuscule.
Si tu vois un enfant dessiner un beau soleil, avec un large sourire, c’est que ce conte est le sien.