Par Sabine Mathet
Il était une fois deux petites grenouilles Tipou et Tipo.
Tipou et Tipo voulaient devenir chevaliers pour conquérir le château d
e la montagne de brume afin d’obtenir le remède qui guérirait leur petite sœur Tipounette.
Elles décidèrent d’aller trouver maître Titefou dans la forêt de ronces afin d’obtenir des armures de métal blanc pour combattre le dragon à deux têtes.
Elles durent prendre quantité de nourriture car le voyage était long et périlleux. Elles prirent aussi deux petits tonneaux d’eau car l’air y était très sec et aride.
Elles allèrent dormir tôt pour se lever à l’aube.
La rosée les aiderait à progresser le plus loin possible afin d’économiser leur réserve.
Les petites grenouilles étaient pleines de fougue et marchaient d’un bon pas.
Elles avaient marché plus de trois bonnes heures quand soudain, elles entendirent un cri strident.
Tipou et Tipo commencèrent à trembler et elles se cachèrent dans la souche d’un arbre tout proche.
« Qu’est-ce que c’est Tipou ? »
« Je ne sais pas Tipo ».
Tipou osa passer le bout de son nez par la fissure de l’arbre et là, stupeur !
Il apparut dans le ciel.
C’était le faucon Jacasse qui faisait de grands cercles de plus en plus rapprochés.
« Tu crois qu’il nous a vus ? » renchérit Tipo.
« Je ne crois pas. » répliqua Tipou.
« Mais qu’allons-nous faire, on ne peut pas rester coincées ici, nous devons absolument continuer notre route, sinon Tipounette mourra. »
Soudain, elles virent dans le fond du trou deux lumières brillantes qui grandissaient au fur et à mesure qu’elles s’approchaient d’elles.
Tipo et Tipou se serrèrent l’une contre l’autre.
« C’en est fini de nous ! »
Mais une voix chaleureuse et apaisante leur dit :
« Alors mes gaillards, on entre chez les gens sans leur permission ? »
C’était madame Taupinette qui arrivait d’un pas nonchalant.
« Non madame, mais le faucon Jacasse veut nous manger »
« Ho ! Mes enfants restez bien ici alors ! De toute façon le vieux gredin de Jacasse va déchanter dans quelques instants.
Mais que venez-vous faire si loin de chez vous ? »
Et les grenouilles racontèrent leur histoire.
« Vous êtes bien braves mes petites.
Mais vous allez voir, dans peu de temps, vous pourrez continuer votre quête ! »
« Ah ! Oui, mais comment ? »
« Mes vieux os ainsi que mes rhumatismes me font bien souffrir depuis quelques jours, de plus mon nez me chatouille grandement et celui-là il ne me trompe jamais. »
Aussitôt, le vent souffla, les feuilles volèrent par milliers, le ciel se déchira, un grand fracas se fit entendre et la pluie tomba en averse.
Jacasse ne demanda pas son reste et s’en alla à tire-d’aile.
« Vous voyez, je vous l’avais bien dit, ce grand gredin prétentieux ne peut résister à cette pluie. Il a bien trop peur de mouiller son beau plumage ! »
« Allez mes enfants, profitez de cette aubaine pour continuer votre chemin, vous au moins, vous ne craignez pas l’eau ! »
Après trois jours de marche, Tipou et Tipo atteignirent enfin le marais bouillonnant.
Il y régnait une chaleur étouffante.
« Mais Tipou, on n’y arrivera jamais à traverser ce marais ! »
Tipou réfléchit un moment en se retournant dans tous les sens pour mieux évaluer la situation.
« Euréka ! J’ai trouvé »
« Quoi ? » dit Tipo.
« On va se couvrir de mousse que nous allons mouiller très fort avec un de nos petits tonneaux et les feuilles du Catalpa nous protégeront de la chaleur »
Et elles commencèrent leur traversée en sautant d’îlot en îlot.
Le soleil venait de se coucher, quand elles entendirent au loin le bruit d’une musique qui devenait plus claire à mesure qu’elles approchaient.
C’était un son extraordinaire, et si charmant qu’elles oublièrent leur fatigue.
Elles arrivèrent à une petite chaumière vieille et voûtée toute couverte d’herbes.
« Ah ! nous voilà arrivées ! »
Elles jetèrent un coup d’œil à l’intérieur. Elles aperçurent une belle table garnie, avec du vin et plein de bonnes choses à manger.
Elles prirent donc leur courage à deux mains et frappèrent à la porte.
La porte s’ouvrit sur un énorme hérisson coiffé d’un chapeau haut-de-forme.
« Que faites-vous ici ? D’où venez-vous ? Et où allez-vous ? »
« Nous cherchons maître Titefou »
« C’est bien moi ! »
Et elles racontèrent ce qu’il leur était arrivé.
Maître Titefou leur donna à manger et à boire et les conduisit jusqu'à une chambre somptueuse où elles s’endormirent.
Au matin, elles se levèrent de très bonne heure.
Maître Titefou leur donna deux armures étincelantes, 2 épées tranchantes et 3 noisettes en or pour voyager plus rapidement.
Tipou et Tipo partirent avec tous les objets offerts par maître Titefou.
Elles arrivèrent près d’une montagne en verre.
Et là, elles cassèrent leur première noisette et tapèrent trois fois leurs pattes par terre en disant ;
« Croa ! Croa ! Croa ! Petite noisette amène-nous au château des brumes. »
Mais là, une surprise les attendait : une barrière magique les empêchait d’arriver sur le mont tant désiré.
Les voilà projetées dans une vallée enchantée où l’herbe y était d’un vert éclatant et les arbres gigantesques.
Elles marchèrent trois jours durant au milieu de magnifiques fleurs qui s’écartèrent sur leur passage.
Savaient-elles que leur quête était noble ?
Et elles atteignirent une immense montagne remplie de rochers piquants entourée d’une brume odorante.
Cet obstacle semblait insurmontable, une autre noisette pouvait-elle les aider ?
Là, elles cassèrent leur deuxième noisette.
« Croa ! Croa ! Croa ! Petite noisette amène-nous devant le château des brumes. »
A peine, étaient-elles arrivées devant la porte du château, que le dragon à deux têtes arriva en poussant d’affreux hurlements.
Lorsqu’il aperçut les deux petites grenouilles flanquées de leurs armures, il se mit à rire.
« Que venez-vous faire ? »
« Nous venons te combattre pour avoir un remède qui sauvera notre petite sœur. »
« Vous savez que maints chevaliers ont déjà perdu la vie en ces lieux ! »
Et en disant ces mots, les 2 gueules lancèrent des flammes.
Mais les armures magiques les protégèrent.
Alors le dragon s’élança contre Tipou et Tipo qui brandirent leurs épées.
Elles firent siffler l’air et abattirent les 2 têtes du monstre.
Il tomba de tout son long.
La lutte terminée, Tipou et Tipo ouvrirent la porte du château et se dirigèrent vers la salle sacrée.
Sur l’autel, brillait de mille feux un coffret.
Elles l’ouvrirent et au fond, elles prirent la racine et le parchemin où il était écrit :
*Quiconque a cette racine, de toute blessure ou de toute maladie, est aussitôt guéri. *
Le coffret dans leurs mains, elles cassèrent leur dernière noisette.
« Croa ! Croa ! Croa ! Petite noisette amène-nous dans notre petite maisonnette. »
Tipou et Tipo arrivèrent devant leur petite maison et y pénétrèrent rapidement.
Leurs parents les accueillirent avec joie.
Elles donnèrent un petit morceau de racine à Tipounette,
qui s’éveilla aussitôt !
Elle ouvrit les yeux et les regarda tout en souriant.
Elles commencèrent toutes à danser, quand, tout à coup, leur maison se transforma en un château somptueux !
Les grenouilles se transformèrent en princes et princesses et tous se réjouirent car enfin le sortilège de la sorcière avait été levé par la bravoure de Tipou et de Tipo.
Et les parents dirent en chœur :
« Long et périlleux est le chemin,
quand, dans la vie, vous voulez transformer le destin.
Cœurs courageux, vous parvenez au bonheur à la fin. »
Sabine Mathet